L’écoute dans les différentes méthodes éducatives

Dans la méthode coercitive
Face à une méthode d’éducation coercitive, le chien n’a d’autre choix que la soumission, « Sinon gare ! » Comme ils se plaisent à dire. Le seul lien du couple homme/chien est l’autoritarisme, un lien rigide et tendu privant l’animal de l’autonomie et de l’expression. Le chien est soumis à d’intenses répétitions, formulées par des injonctions à la limite de l’insulte et du tolérable par leur ton, quand les ustensiles inacceptables, les colliers électriques ou de force ne viennent pas encore renforcer cet asservissement inutile. Puisqu’il ne peut que se soumettre, le chien exécute tel un automate. Nous ne pouvons parler ni d’écoute véritable, ni d’acceptation de l’obéissance mais d’une soumission imposée et brutale.

Dans la méthode « d’échange commercial »
Dans la méthode que j’ai qualifiée d’« échange commercial », par l’emploi qui est fait des leurres, jouets ou friandises, l’homme captivé par l ‘excitation du spectacle ne peut prendre conscience des conséquences de ses actes sur le chien. Sous l’aspect ludique, homme et chien sont entraînés dans une relation pervertie. L’animal ne serait jamais à l’écoute de son maître si celui-ci n’agitait pas le leurre, le jouet ou la croquette. Comme en méthode traditionnelle, les méthodes dites « douces » n’écoutent pas le chien. Les liens qui unissent l’équipe sont les leurres avec l’objectif prioritaire pour l’homme d’accomplir une performance. Il ne manifeste aucun intérêt pour l’essentiel : la communication, l’observation, l’affection, le partage.

Dans la méthode du conditionnement
Dans le conditionnement traditionnel, l’obéissance est un prétexte pour l’homme. Elle dissimule assez mal la peur de perdre le pouvoir. L’accomplissement d’actes répétitifs rassure le maître sur son hypothétique ascendance sur le chien. On peut se demander si ces hommes accueilleraient un chien dans leur vie si la relation n’était pas sous-tendue par l’accès et l’expression d’un pouvoir ? Triste satisfaction ou justification de soi-même, il est temps que les initiés de la filière canine fassent preuve de plus d’ouverture d’esprit.

Dans ma méthode
Notre méthode est basée sur cette écoute mutuelle qui, comme tout système social, implique l’obéissance ; mais elle est construite sur l’acceptation librement consentie. Grâce à la compétence manifestée et non prétendue, grâce à l’échange permanent, le maître est effectivement considéré comme un guide qui accepte de se laisser guider en certaines situations. Les liens qui unissent l’équipe sont les relations affectives à l’origine du plaisir partagé.
L’homme et le chien peuvent donc s ‘écouter et/ou se guetter, et pour cela la communication et l’observation sont indispensables à l’instauration des relations à partir de rituels communs. Dans le conditionnement traditionnel, le maître se préoccupe uniquement de l’exécution de l’acte en forçant le chien dans un confinement permanent. Évidemment ni le langage du chien ni son intelligence ne peuvent être pris en compte dans de telles conditions de vie. Et lorsque ces initiés de la filière canine affirment que le chien est seulement capable de réagir et non d’agir par lui-même, ils devraient plus sérieusement se demander si ce n’est pas leur manière d’agir sur le chien qui induit leur constat. Lorsque nous observons, méfions-nous de ne pas inverser les causes et les effets.

André Escafre - Penser son Éducation Autrement
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